La tyrannie de l'opinion: La fin annoncée de la démocratie française (De l'ordre dans mes idées) pdf, epub ebook

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La tyrannie de l'opinion: La fin annoncée de la démocratie française (De l'ordre dans mes idées)

  • ISBN: B00MV00RIC
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  • Langues: Français
  • Évaluation: 4.9/5 (Votes: 1170)
  • Broché: 28 des pages
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Description du produit

Le texte que je présente constitue une réflexion personnelle sur le thème de l'opinion, de sa formation autant que son influence, ainsi que du rôle des médias.
Les mots sont des symboles qui soulèvent les peuples, font les révolutions, fondent les religions. Les idées qu’ils suscitent trouvent des échos au fond de nos mémoires, explicites ou implicites. Elles touchent à nos héritages culturels, éveillent l’imagination, sont créatrices d’émotion et tournent l’esprit vers des futurs, radieux ou apocalyptiques. De nos jours la surabondance des morts disperse l’attention et en réduit l’influence. Du fait du développement extravagant des moyens de communication et de diffusion des informations, la bataille n’en est que plus rude pour tenter d’attirer l’attention des masses.
Barbara Lefebvre (auteur avec Ève Bonnivard d’Élèves sous influence, Audibert, 2005), dans un article paru dans Le Monde du 7 mars 2006, répète que la violence verbale est le lot quotidien des acteurs de l’univers éducatif, ces « laboratoires de la haine de l'autre que sont devenus beaucoup de nos établissements scolaires, qu'il s'agisse de ZEP ou d'écoles de centre-ville. » Elle ajoute que la violence des mots est destinée à abolir les barrières morales qui empêchent le passage à l'acte meurtrier. Le but, conclut-elle, est de « déshumaniser l’autre. » C’est ainsi que Barbara Lefebvre met en évidence le lien direct qui existe entre les mots et les actes. La violence verbale, précise-t-elle encore, est « un noyau de condensation de furieuses énergies qui s'accumulent. » Elle va jusqu’à affirmer que « les barbarismes langagiers préparent le terrain conduisant aux crimes les plus barbares », précisant qu’Hitler avait dit un jour : « La parole jette des ponts vers des horizons inconnus » énonçant ainsi les règles de langage « qui ont permis d'encoder le crime et de maintenir l'ordre mental nécessaire à sa perpétration. »
Un dessein aussi noir n’est pas présent dans l’esprit de ceux, gouvernants, publicistes ou médias qui s’efforcent d’influencer les opinions publiques mais la question est sérieusement posée de savoir jusqu’où peut s’étendre leur effet sur l’action des humains.
L’apparition et la généralisation du cinéma et, surtout, de la télévision a révolutionné les échanges d’idées en ajoutant les images aux mots. Alors que les mots appellent, pour être interprétés, une participation de l’esprit qui les déchiffre en les soumettant à ses propres codes culturels, les images s’imposent d’elles-mêmes, de manière purement affective et sensuelle, comme le sucre raffiné pénètre directement dans le sang plutôt que d’être soumis aux enzymes corporels comme le sont les aliments bruts. Ce qu’il pouvait y avoir de recours obligé à un minimum de raisonnement dans l’usage des mots est supprimé par l’image, qui fait davantage appel à l’instinct et à l’émotion. On n’exagèrera pas en disant que l’envahissement de notre univers quotidien tend à ré-animaliser l’homme, en suscitant en lui des réflexes et en diminuant le raisonnement. C’est la raison pour laquelle le philosophe allemand Sloterdijk a pu écrire que le développement des médias a mis fin au platonisme.
Pour incontestable qu’elle soit, cette présentation ne doit pas celer les vertus éducatives de l’image, lorsqu’elle est véhiculée dans un but réel de diffusion de la culture. Tel peut être le cas de l’art cinématographique et des documentaires.
L'évolution de notre démocratie n'est pas seulement liée à l'influence des médias. Elle tient aussi au rôle que l'on a voulu faire jouer à l'Europe qui, telle qu'elle a été construite, conduit à la disparition des identités et des souverainetés anciennes. Une telle situation discrédite peu à peu les pouvoirs locaux, jugés désormais inutiles autant que trop coûteux. Il en résulte un déclin progressif de la démocratie telle qu'elle avait été conçue. Un danger considérable d'avènement d'un pouvoir démagogique plane donc sur nous.

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